« A qui le tour ? », demandait-on à la fin de notre chronique de L’armure du Jakolass, qui voyait Larcenet revisiter l’univers de Valérian à la demande de ses auteurs. Non pour une suite de la série mais pour une figure libre, une relecture le temps d’un one shot. Eh bien, nous avons désormais la réponse : Lupano et Lauffray. Pour un épisode quasiment aussi jouissif que celui de Larcenet.
Lupano a d’ailleurs fait le même choix que son prédécesseur en jouant la carte du décalage. Et si l’on retrouve bien sûr les personnages familiers de la série créée par Christin et Mézières : monsieur Albert, Valérian et Laureline bien entendu et les Shingouz, ils sont ici un brin différents, le scénariste des Vieux fourneaux ou de Un océan d’amour les employant à contre-emploi ou leur inventant des défauts. Ainsi Valérian est assez empoté dans Shingouzlouz Inc., les Shingouz sont des catastrophes ambulantes et Laureline (sur laquelle beaucoup d’adolescents ont fantasmé dans les années 70 et 80…) risque de se faire cloner pour être ensuite commercialisée dans des séries limitées à thème : Laureline infirmière, Laureline en cow-girl…à destination de ses fans de toute la galaxie !
Vous l’avez compris, Lupano propose avec ce Shingouzlooz Inc. un épisode aussi délirant qu’inventif dans lequel nos 2 célèbres agents spatio-temporels ont fort à faire puisqu’ils devront remonter dans le temps pour détruire une sonde afin d’éviter que la Terre ne devienne la propriété de Sha-oo l’assoiffeur, un trafiquant d’eau. Tout en retrouvant un Qwanthon (un thon à migration quantique…) qui a avalé la tête d’un robot cybercriminel financier galactique (il crée un million de sociétés anonymes par jour)…Tout ça parce que les Shingouz ont perdu la propriété de la Terre (la sonde, c’est eux qui l’avaient envoyée dans le passé, avant que la vie y fasse son apparition, pour faire valoir un titre de propriété sur elle auprès de la chambre de commerce galactique de Point central…) au cours d’une partie de cartes…Bref, du très bon Lupano. Mais a-t-on déjà vu notre homme sortir un livre ne serait-ce que moyen ?

(Récit complet – Dargaud)