Par quoi commencer ? Par l’origine de ses membres, qui possèdent quelques très bons disques à leur actif (au sein de The Obits, Make-Up, The Cops et Holy Fuck) ? Ou par le fait indéniable que ce deuxième album renferme un paquet de tubes aux mélodies irrésistibles ? En fait, si on sent bien que ces américains là ont roulé leur bosse, ce qui me saute aux oreilles à l’écoute de cet album, c’est surtout qu’ils se font plaisir sans s’embarrasser des étiquettes. On voit bien les collections de disques assez chargées dans le salon, des combos punk hardcore aux groupes mods, des 45t de psyché sixties aux classiques pub rock. Les mecs ont tout absorbé, tout digéré et nous ressortent leur petites mélodies catchy l’air de rien… Et voilà le résultat : Joe Jackson refait surface à Washington DC dans l’écurie Dischord… Love se mélange à Bob Mould… Mission of Burma et les Wipers se joignent à la fête… Définitivement, ce « Cut-Ups » ne porte pas son nom pour rien, et pourtant l’ensemble est raconté d’une même voix, toujours très cohérente. Ce ton très indie. Cette touche pop teintée de post-punk. Alors tout n’est pas obligatoirement de la hauteur de l’excellent Sick of War qui ouvre le disque, mais il est indéniable que cet album contient son paquet de tubes, et s’écoute avec une facilité déconcertante. De petites perles qui ne jouent plus sur la frustration mais sur le plaisir brut. Chic.

(Album – Ernest Jenning rds)