Vous avez aimé le dernier récit de Jacques Ferrandez, adaptation de Le premier homme, le dernier roman, inachevé, d’Albert Camus ? Voici alors l’occasion de prolonger un peu le plaisir de cette lecture…
Dans ce livre très intéressant, divisé en courts chapitres, Ferrandez parle de beaucoup de choses: il parle de ses liens avec Camus (tous deux sont nés en Algérie et la grand-mère et la mère de Camus habitaient en face du magasin tenu par la famille de Ferrandez, dans le quartier Belcourt, à Alger), livre quelques secrets concernant son adaptation de trois de ses romans (L’hôte, L’étranger et Le premier homme) ou revient sur l’histoire de sa famille pieds noirs (son père a décidé de quitter définitivement l’Algérie juste après sa naissance, en 1956, alors que la violence dans le pays allait crescendo)…Beaucoup de choses qui ont un point commun: l’Algérie. Déjà à travers Le premier homme, on sentait que l’auteur partageait beaucoup des scènes décrites, des émotions ressenties par Cormery/Camus, raison qui l’avait poussé à adapter ce roman en particulier (Camus met en scène un homme qui a perdu son père et qui retourne en Algérie pour retrouver ses racines). Avec Entre mes deux rives, il fait la même chose mais utilise cette fois la première personne du singulier pour parler de son Algérie, des différents voyages qu’il y a effectués et de ce qu’il ressent pour ce pays. Agrémenté de nombreuses illustrations (des dessins inédits de l’auteur, des extraits de ses livres, des photos personnelles…), est une occasion unique de rentrer dans les coulisses de la création et ainsi de voir les œuvres de Ferrandez sous un jour nouveau.

(Essai autobiographique – Mercure de France)