Au cours d’un mariage, Paul, que sa femme trompe régulièrement, rencontre Emilie qu’il ne sent pas heureuse dans son couple. Il décide de la revoir. C’est alors qu’un commissaire matrimonial lui tombe dessus et lui demande, de façon menaçante, d’arrêter de chercher à voir cette femme, lui rappelant, au passage, les liens indissolubles et sacrés du mariage…; Laziza vit dans un ghetto. Elle n’a le droit de se rendre en ville que parce qu’elle a un permis de travail. Mais son directeur lui annonce soudainement qu’elle va être remplacée. Une femme d’origine française et dont les grand-parents sont également nés sur le sol français vient de demander son poste et avec la loi sur la préférence nationale, il ne va pas pouvoir faire autrement que d’accepter sa candidature…; Louis Vierne vient de perdre sa femme atteinte d’un cancer. Et comme si cela ne suffisait pas, Bella Vita, sa caisse sociale (face aux dépenses de santé de plus en plus importantes, l’état a décidé de totalement privatiser ce secteur), menace de ne plus le couvrir car sa fille voit en cachette un garçon. Sans savoir s’il est porteur d’une maladie ou dangereux pour elle…
On se demande souvent, avec la montée inquiétante du vote Front national dans les élections, ce qui se passerait réellement si le parti d’extrême droite arrivait un jour au pouvoir. Eh bien Griffo et Desberg l’ont mis en scène dans cette nouvelle saison de S.O.S Bonheur, 30 ans après le premier signal d’alarme tiré par Griffo et Van Hamme dans la saison 1. Ces 6 histoires courtes d’anticipation politique imaginent donc une société gouvernée par un Front National mâtiné de Trump et de propagande (« Tout se passe bien ! » « L’état veille sur vous, consommez! ») nord-coréenne. Préférence nationale, censure (il est interdit de parler de la Shoah, « point de détail » dans la carrière d’Hitler), loi prohibant le divorce pour protéger les liens sacrés du mariage, surveillance façon Big Brother omniprésente, manipulation de l’opinion et j’en passe…Voilà, selon les auteurs, ce qui nous attend: une société totalitaire où le collectif prime sur l’individu, où la sécurité, l’emploi et la consommation passent avant les libertés. D’autant plus glaçant (preuve que le duo a réussi son coup…) que le dessin réaliste de Desberg donne un côté plausible à l’ensemble. Et surtout que Desberg et Griffo ne font ici, finalement, que pousser un peu plus loin les tendances actuelles…Trump est en effet déjà au pouvoir et s’est déjà attaqué à l’Obamacare et aux immigrés, le Front National et ses idées nauséabondes étaient au second tour des présidentielles sans que cela ne dérange plus que ça une grande partie de la population et l’ultralibéralisme continue de gagner du terrain…

(Suite de série 30 ans après – Dupuis)