Après In ter a li a d’ At The Drive-In sorti l’an dernier, Interiors marque le retour d’une autre légende du post-hardcore des années 90 : Quicksand. Pour donner une idée de l’importance de ce groupe à ceux qui n’ont pas connu cette période, il suffit de dire que Quicksand faisait probablement partie, avec Slint (si vous ne connaissez pas leur extraordinaire Spiderland sorti chez le mythique label Touch and Go, foncez vous le procurer!) et Fugazi, des 3 groupes les plus cités comme influences dans les chroniques de disques des fanzines. Le tout grâce à deux albums seulement, le magistral Slip et sa ribambelle de tubes indés (Fazer, Head To Wall, Freezing Process ou Unfulfiled n’ont pas pris une ride!) et le plus difficile d’accès, à cause de sa production bizarre (je viens d’ailleurs de découvrir, dans l’interview de Walter Schreifels du dernier New Noise, que ce n’était pas du tout voulu par le groupe et qu’ils ont donné ce titre à l’album en référence justement à ce son), qui a abouti à ce son sourd et comprimé, Manic Compression.
La question que l’on se pose toujours en pareil cas (22 ans se sont tout de même écoulés depuis le dernier album), c’est bien sûr quel Quicksand on allait retrouver sur ces 12 nouveaux morceaux (en fait 10 + 2 interludes). Réponse : du très bon Quicksand, que l’on reconnaît d’emblée (section rythmique omniprésente, basse imposante, guitare inspirée) sur l’excellent Illuminants (pas étonnant qu’il ait été choisi comme single) qui ouvre l’album. La suite est du même tonneau, avec un paquet de morceaux vraiment marquants (citons, au passage, le second single, le magnifiquement mélancolique Cosmonauts), dans la continuité de ce que Quicksand faisait tout en incorporant des aspects nouveaux. Le groupe (désormais trio puisque Tom Capone, qui avait des soucis personnels à régler, n’a pas été convié à participer à l’enregistrement d’Interiors) a forcément évolué en 22 ans et a décidé de ne pas en faire abstraction sur ce nouvel album. Du coup, ce qui surprendra le plus ici est probablement le chant de Schreifels, bien moins forcé et agressif qu’avant pour se faire, au contraire, plus naturel et apaisé. Et les guitares, souvent plus mélodiques et aériennes. Sans que les titres y perdent en force et en efficacité. Un retour vraiment très réussi.

(Album – Epitaph)