Superbe pochette, aussi noire et intrigante que leur musique. Sobriété impeccable. Ce groupe de Lille pour qui je porte la plus grande affection vient de frapper un grand coup. On avait déjà apprécié leur précédent trois titres, et cet album vient confirmer tout le bien que je pense de ce groupe trop longtemps ignoré. Comme la pochette, la musique du quatuor est noire, sobre, presque minimale même. Elle oppresse comme elle captive. Un basse-batterie en avant qui tourne comme un cauchemar sans fin, un chant féminin frontal, et ensorcelant, et une guitare qui vous triture les nerfs comme les meilleurs spécimens post-punk des années 80. Voilà l’alchimie que tiennent ces quatre là. Si « Gardian of Trash » est un morceau difficile et étrangement placé en ouverture, on comprend, dès le deuxième morceau, toute la puissance du groupe avec un « Checkpoint » martial, entêtant et d’une efficacité redoutable. Le groupe ne nous lâchera plus. Que ce soit la guitare qui passe devant en nous faisant tourner la tête ou la basse toujours aussi oppressante, il est impossible de sortir de leur emprise. Ambiance pesante et malsaine. J’y retrouve la noirceur des premiers Heliogabale, et les guitares des premiers PIL. Alors quand arrive « Untouchable » et son motif imparable, on ne peut que s’avouer vaincu, et oublier les quelques petits défauts de cet album dont je n’ai même pas envie de parler. Enfin, le monde va découvrir le talent de ces quatre là qui semblent s’améliorer de jour en jour.

(Album – katatak)