Pattes de velours
Bertho/Korkydü
(delcourt)
Antoine a un boulot qu'il aime, des copains avec qui il joue de la musique, il vit dans un appart : tout irait pour le mieux s'il n'y avait ces déboires amoureux… Même si elle a rompu il y a six mois, Antoine reste attaché à Gissandre et a du mal à tourner la page. Trop entier, parfois maladroit, notre héros ne semble pas être doué pour la séduction. Il semble avoir besoin d'un bon coup de main. De Mick, son pote, qui lui propose d'être son coach affectif ? Certainement… Ou peut-être de Médor, le chat qui s'incruste depuis peu chez lui.... Bertho a vu juste : Antoine est LE protagoniste qu'il faut pour qu' une comédie sentimentale fonctionne. Tel un Woody Allen égaré par les sentiments, il est tiraillé entre Sandra la dévoreuse d'hommes, Gissandre, l'ex qui a besoin qu'on l'aime encore et Line, la belle inconnue. Romantique, saisi par le doute, un peu trop compliqué, il n'ose prendre les décisions qui s'imposent, faisant un pas en avant puis deux en arrière. Avec Bertho, on badine avec l'amour, avec beaucoup d'humour, des quiproquos et des dialogues très réussis, on traite de la vie et de ses difficultés avec légèreté en faisant des clins d'oeil au cinéma (les Woody Allen bien sûr, "Chacun cherche son chat") et à la bd, notamment à "Monsieur Jean" avec qui Antoine a quelques points communs. Le trait de Korkidü fait d'ailleurs penser à celui de Dupuy-Berberian, en plus rugueux, désinvolte, bref, en moins léché. Après le magnifique "La malle Sanderson" de Götting, cet attachant "Pattes de velours" confirme que "Mirages" fait indéniablement partie des collections à suivre.

[sullivan]

 

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