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Lupus.
volume 3.
Peeters
(atrabile)
Les sbires du père de Sanaa ont retrouvé la trace de nos deux héros sur
Necros, planète recouverte de végétation où Lupus se croyait en sécurité.
Les voilà donc obligés de fuir de nouveau et de quitter leurs amis de
circonstance, surprenants retraités rebelles. Quasiment pris au piège,
ils parviennent néammoins à embarquer dans une capsule médicale et décident
d'aller dans l'endroit le plus isolé de la galaxie : une station de vacances
désaffectée où Lupus était venu avec ses parents alors qu'il était enfant.
De la science-fiction intimiste. Je ne sais pas si cela existait déjà
mais en tout cas Frederik Peeters nous fait découvrir ce nouveau genre.
Le contexte futuriste du récit permet à l'auteur de laisser libre cours
à son imaginaire. D'où cette galerie de portraits truculente, ces animaux
bizarroïdes et ces planètes étranges. Cependant, il a aussi une fonction
primordiale pour la narration : plonger ses 2 héros dans des mondes qu'ils
ne connaissent pas face à des évènements imprévisibles pour ensuite voir
comment ils réagissent, comment leurs pensées évoluent, comment cela influence
leurs relations aux autres...Et si Sanaa semble prendre les choses avec
philosophie et s'efforce de rester optimiste et de regarder devant elle,
Lupus n'arrive pas à avancer. Ce qui le caractérise le mieux, c'est la
fuite : géographique, pour sauver leur peau face aux hommes de Von Steenhanser,
mais aussi psychologique : obsédé par l'absence de son père alors qu'il
était enfant, Lupus a du mal à vivre le présent et à aller vers les autres.
Sa relation avec Sanaa est, sur ce point, révélatrice : alors qu'il est
visiblement attiré par la jeune femme, il n'ose le lui avouer et préfère
se réfugier dans les drogues.
C'est avec toujours autant de subtilité et de justesse que Peeters poursuit
l'exploration de la psychologie humaine dans "Lupus", série qui devrait
bénéficier de plus de visibilité grâce au succés de "Koma", son autre
saga (en collaboration avec Wazem, chez les humanos). L'auteur le mérite.
Et Atrabile, cette maison d'édition indépendante suisse aussi !
[sullivan]
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