CHRZ
Van Dinther
frémok

Le lecteur qui ouvre un livre édité par le Frémok sait à quoi s'attendre. Il n'ignore pas qu'il se met en danger. Que cette lecture va lui demander patience, réflexion, temps. Qu'il n'est pas question de lui servir une vérité, un sens. Que ce sera à lui de se raconter sa propre histoire. Car, et c'est là la beauté de ce genre de livres, il n'y a pas une mais des histoires possibles. Certaines apparaissant plus rapidement que d'autres. "CHRZ" ne fait pas exception à la règle.
Mais commençons par la narration, partagée entre un narrateur omniscient qui voit tout et une mouche dont on nous propose parfois la vision (d'où ces images en alvéoles). En cinéma, on appellerait cela une caméra subjective. On suit donc cette mouche, envoyée par une main (l'auteur ? Dieu ?) dans le but d'observer ce qui se passe dans deux maisons qui se font face. Dans l'une, un couple qui dort. Ou plutôt, l'homme dort et rêve d'une femme tandis que sa compagne n'arrive pas à trouver le sommeil. Quand il se réveille, l'homme va la retrouver devant la fenêtre et la caresse mais la femme se débat et quitte la maison. En face, une femme qui est gardée enfermée dans une chambre par deux hommes. Sa seule façon de s'évader, métaphoriquement, est de lire un conte racontant l'histoire d'une princesse rejetée par ses parents à la naissance. Ces trois personnages vont bientôt se rencontrer, manipulés par les deux hommes. Inutile d'en dire plus.
Points de vue multiples, récits à l'intérieur du récit, ellipses, dilatation de la durée de certaines actions, frontières entre rêve et réalité brouillées : voici quelques unes des stratégies utilisées par notre auteur pour vous prendre au piège de son labyrinthe. Vous n'aurez cependant pas à vous méfier des textes car, on ne l'a pas encore mentionné, le récit est entièrement muet.
Une œuvre ambitieuse, iconoclaste et ouverte. Un défi lancé au lecteur !

[sullivan]

 

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