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Les
rêves de Milton. Tome 1.
Maël/Féjard-Ricard
1930. La Grande Dépression fait des ravages jusque dans les petites
fermes de Caroline du Nord. Endettée jusqu'au cou, faisant face
à une terrible sécheresse, la famille Cry (au nom prédestiné...)
vend ses terres pour partir vers l'ouest en compagnie d'autres fermiers.
C'est dans le désespoir et la misère ambiante que Henry
et sa femme essaient tant bien que mal d'élever leurs 5 enfants.
Milton, l'aîné, retardé mental, est aussi grand et
costaud qu'il est doux comme un agneau. Quant à Billy, il porte
son mal-être en bandoulière. Il semble en vouloir à
la terre entière. En fait, sa rancoeur ne le quitte plus depuis
que, 7 ans plus tôt, il avait été témoin d'un
meurtre. L'ayant surpris, l'assassin lui broya la main pour être
sûr qu'il tiendrait sa langue.
Au cours de l'éxpédition vers l'ouest, le soir, dans les
tentes, Billy déverse sa bile sur Milton et lui demande de l'aider
à éliminer ceux qui le méprisent ou l'humilient.
Pendant la nuit, ces images reviennent à Milton qui se voit, dans
ses rêves, sauvagement assassiner des personnes désignées,
la veille, par son frère. Le lendemain, les corps sont retrouvés
sans vie...Tout, bien sûr, pousse Billy à croire que Milton
est l'auteur de ces actes...
La figure de l'idiot, parfait bouc émissaire d'horreurs perpétrées
autour de lui, a été si souvent utilisée dans la
littérature, le cinéma et la bd qu'elle est devenue une
planche savonneuse... Féjard et Ricard s'y sont aventurés
et...ont bien fait. Cet aspect du scénario est, on l'a dit, cousu
de fil blanc, et, du coup, certains rebondissements sont assez prévisibles.
Pourtant, on croit à cette histoire de désespoir violent,
de vengeance et de manipulation. Car les personnages sont très
crédibles. Surtout dans ce contexte de pauvreté rampante
et de migration désespérée. De plus, la fin du tome
est habilement ouverte, et on devine que le scénario a quelques
surprises en réserve.
Une histoire forte donc que le trait de Maël, écorché
et brut de décoffrage, ansi que ses superbes couleurs sépias
viennent encore renforcer.
[sullivan]
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