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Lucille
Debeurme
(futuropolis)
Lucille vit seule avec sa mère qu’elle déteste dans
une maison isolée. Petite, elle était un peu ronde et ne
rêvait que de devenir comme sa poupée : belle et mince.
Alors, elle a commencé à moins manger…jusqu’à
en devenir anorexique. Elle devient tellement maigre qu’elle est
bientôt trop faible pour pouvoir sortir.
Arthur aime son père, marin-pêcheur sur un chalutier. Un
père pourtant violent et alcoolique qu’il a déjà
été rechercher au bistrot du village à de nombreuses
reprises. Alors Arthur compte, ses pas, les battements de son cœur,
les verres que boit son géniteur, pour se rassurer. Et devient
mythomane pour s’inventer une vie. Un jour, alors qu’il a
accompagné son père à l’hôpital après
une énième bagarre d’ivrogne, Arthur croise Lucille
au distributeur de boissons.
Ludovic Debeurme nous conte l’histoire de deux êtres déjà
brisés avant même de parvenir à l’âge
adulte. Dans son style singulier. On retrouve en effet ce dessin dépouillé
au trait simple, comme si l’auteur ne voulait pas que l’attention
du lecteur soit divertie , détournée de ce qui importe :
le récit, qu’il a voulu intimiste. Ainsi que cette volonté
de prendre son temps pour faire exister ses personnages, pour les rendre
proches du lecteur. Histoire aussi d’éviter clichés
et idées toutes faites. D’où les 500 pages de cette
première partie.
Le résultat est impressionnant de sensibilité et de justesse.
Rarement la psychologie de personnages de bande dessinée aura été
si bien cernée : maladie, violences, découverte de
l’amour, rapports parents/enfants, premier rapport sexuel sont traités
avec une subtilité et une vérité étonnantes.
Une œuvre qui dépeint la difficulté de se construire
pour les adolescents ne pouvait être que violente et âpre.
Ludovic Debeurme y a ajouté la force et l’émotion
qui font les chef-d’œuvres.
[sullivan]
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