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Une
après-midi d’été
Le Floc’h
delcourt
Perdrix a respecté la promesse qu’elle avait faite dans ses
lettres : elle a attendu le retour de Nonna, son fiancé, de
la guerre pour qu’ils se marient, selon sa volonté, l’été
suivant. Mais l’été est passé et Nonna n’a
pas tenu parole. Car son corps a beau être revenu en Bretagne, son
esprit est resté dans les tranchées. Comment, en effet,
oublier la barbarie, le mépris de certains supérieurs et
l’absurdité de cette guerre ? Hanté par le passé,
Nonna ne parvient pas à vivre le présent. Voilà pourquoi
Perdrix vient lui rendre une visite, peut-être la dernière,
dans son atelier, pour mettre celui qu’elle aime devant ses responsabilités.
Car Perdrix a déjà beaucoup attendu.
Bien sûr, la première guerre mondiale a été
traitée maintes et maintes fois par les sculpteurs, les metteurs
en scène, les romanciers ou les auteurs de bd. Mais pas avec ces
mots et ces dessins là. Car si cette nouvelle évocation
de celle que l’on appelait “la der des ders” est réussie,
c’est parce que Bruno Le Floc’h a trouvé une vraie
justesse dans le ton. Son travail très pertinent sur la façon
de s’exprimer des poilus donne beaucoup de crédibilité
à son histoire. Tout comme ces flash-backs qui viennent hanter
le pauvre Nonna qui n’arrive pas à oublier les baïonnettes
ou l’incompétence de certains officiers. En montrant l’après,
c’est-à-dire le retour des soldats chez eux, l’auteur
rappelle que la guerre a duré bien plus de 4 ans pour eux et leurs
proches.
Il y du Davodeau dans ce plaidoyer contre l’oubli joliment dessiné
et pétri d’un humanisme sincère et touchant.
[sullivan]
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