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L’enragé
(tome 2)
Baru
aire libre
Anton Witkowski allait-il enfin être en paix avec lui-même
et trouver la rédemption ? Après toutes ses frasques
amoureuses, l’arrogance et la suffisance affichées sur les
rings, notre champion de boxe allait-il s’assagir et se rapprocher
de ses parents et de Mo, son ami d’enfance, qu’il avait “sacrifiés”
au nom de sa carrière ? Voici les questions suscitées
par la fin du tome 1 et la rencontre de la belle italienne et restées
en suspens depuis…
Dans ce 2ème et dernier tome, Baru répond, bien sûr,
à ces questions. Et il lève aussi le voile sur ces séquences
où l’on voit Anton assis sur le banc des accusés dans
un tribunal.
“L’enragé” est bien entendu une évocation
très réussie du monde de la boxe, avec ses combats dessinés
au plus près, d’un trait nerveux par Baru mais aussi sa face
cachée : les petits arrangements et les grosses magouilles
au centre desquels on retrouve “The Duke”, dont la ressemblance
avec Don King, un promoteur bien réel, lui, n’est pas le
fruit du hasard.
Mais ce n’est pas seulement cela. Car sa critique sociale ne saurait
être ignorée. Comme dans presque toutes ses œuvres,
Baru souligne la difficulté de l’ascension sociale, l’inégalité
des chances et la discrimination dans notre société française,
surtout quand on est né dans la banlieue. Certains évènements
ayant lieu dans ce tome 2 font d’ailleurs écho aux révoltes
citoyennes que l’on a connu récemment (rebellions dans les
cités, manifestations anti-cpe…), comme un hommage. Cet aspect
devient même carrément politique quand l’auteur met
en cause, en passant, l’air de rien, les magouilles de Chirac, les
méthodes de Sarkozy ou les passe-droits dont une partie de nos
élites bénéficient (un rappeur y chante “Y’a
pas d’Neuilly sous les verrous”, comme une réponse
à l’inadmissible amnistie de Guy Drut accordée récemment
par notre président…).
Du très bon Baru, nerveux et engagé.
[sullivan]
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