Les essuie-glaces
Baudouin
aire libre

Comme dans un rêve, un homme rencontre une femme qui attend un train dans une gare au milieu de nulle part. Tout de suite, le courant passe. La femme veut que l’homme lui raconte une histoire. Alors, il lui parle des trois années qu’il vient de passer au Québec à enseigner le dessin dans une université, des personnes qu’il a rencontrées, des choses qu’il a vécues et du voyage d’adieu à ce pays qu’il a effectué en compagnie de Guy, Violette et Laurence vers la Gaspésie…
Au départ, “Les essuie-glaces” se veut le récit de ce voyage. Et il l’est, en partie. Mais ce récit d’un voyage devient rapidement lui-même un voyage. Comme s’il échappait à Baudoin, il devient aussi l’occasion de comprendre les choses en les disant, en les dessinant. Sa relation avec Laurence, le Canada et ses magnifiques étendues sauvages, les hivers si rudes qu’ils en ont bousculé son goût pour la solitude, son amitié avec Guy et Violette : avec “Les essuie-glaces”, l’auteur part en quête de lui-même.
Pour rendre compte de cette introspection, Baudoin a recours à trois niveaux de narration. Le récit principal mis en images par des peintures très expressives au trait noir souvent plus fin que précédemment raconte la rencontre initiale de la femme et de l’homme. Puis on trouve, imbriquée dans ce premier récit, l’évocation de ses trois ans passés au Canada par Baudoin . Enfin, en bas de quasiment chaque page, une longue case transmet les réflexions distanciées mi-personnelles mi-philosophiques de l’auteur sur ce qu’il est en train de raconter : sa rencontre dans la gare, l’amour, la vie, la mort…Décrit comme cela, le procédé peut paraître complexe mais il fonctionne à merveille car il permet en fait à Baudoin de placer le lecteur au centre de son travail de réflexion sur le récit et sur lui-même pendant la réalisation du livre.
Oeuvre gigogne, “Les essuie-glaces” est un récit de voyage des plus novateur et étonnant qu’il ne faut pas manquer !

[sullivan]

 

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