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Pourquoi
les baleines bleues viennent-elles s’échouer sur nos rivages ?
Moynot
dupuis
La baleine bleue du titre, c’est James Whales, célèbre
écrivain américain de romans noirs à la dérive .
Il n’a plus écrit une seule ligne depuis 15 ans. Une baleine
qui vient s’échouer à Paris, sur les rivages de Simon
Breuil, jeune écrivain français et fan de Whales. Une étrange
relation faite d’admiration, d’incompréhension, d’orgueil
va se nouer entre les deux hommes.
Ce que l’on perçoit d’abord de “Pourquoi les
baleines bleues viennent-elles s’échouer sur nos rivages ?”,
c’est sa volonté de s’inscrire dans un genre, le roman
noir. Il y a bien sûr le dessin de Moynot dont le trait sec et sombre
fait immédiatement penser à celui de Tardi dans “Griffu”,
“Le petit bleu de la côte ouest” ou encore aux “Nestor
Burma” et dont les couleurs font la part belle aux gris et aux noirs
(uniquement troués par quelques tâches rouges…). Et
il y a James Whales, personnage dont la vie et le passé font beaucoup
penser à une célébrité du genre, bien réelle
celle-là : James Ellroy.
C’est dans cette ambiance plantée avec maîtrise que
Moynot explore la face cachée d’une figure quasi mythique :
l’écrivain. Déboires sentimentaux, panne d’inspiration,
rapports entre création et désir sexuel, relation entre
romancier et éditeur…Notre homme suit les méandres
de la création et l’influence du quotidien le plus terre-à-terre
sur l’inspiration. Et le moins que l’on puisse dire, c’est
qu’il brosse un portrait féroce qui casse le mythe de l’écrivain.
Egoïste, crevant d’ambition, coureur de jupons, besoin continuel
d’être rassuré : tout doit tourner autour de sa
petite personne ! Et quand ce n’est plus le cas, sa fragilité
resurgit et la déprime guette.
Narration littéraire, scénario ambitieux, atmosphère
mystérieuse, critique au vitriol du monde littéraire :
voici un one-shot désenchanté et acide comme on aimerait
en lire plus souvent.
[sullivan]
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