Le secret de l’étrangleur
Tardi/Siniac
casterman

Toutes les conditions nécessaires sont réunies ! Paris est plongé dans un brouillard dense. Le froid vif pousse les gens à rester chez eux. Et la grève de la police lui laisse le champ libre ! L’étrangleur peut donc commencer à se mettre au travail. Cela lui paraît d’ailleurs si facile qu’il convie même un jeune garçon de 12 ans qu’il connaît à assister à ses frasques. Mais comment fait-il pour que ses victimes acceptent avec calme et sérénité la mort qui leur est proposée ? Les hypnose-t-il avant de perpétrer ses forfaits ? Ou l’étrangleur cache-t-il un autre secret ?
On le sait, Tardi est un spécialiste de l’adaptation de romans noirs. Avec “Monsieur Cauchemar” de Pierre Siniac, il s’est amusé comme un petit fou à manipuler le lecteur en le menant sur de fausses pistes dans ce Paris des années 50, en créant des chausse-trappes ou en lui donnant l’illusion qu’il a déchiffré l’énigme. Cruelle désillusion : le lecteur comprend à la fin, sourire aux lèvres, qu’il a péché par orgueil, qu’il s’est fait piéger dans les grandes largeurs et qu’il est finalement aussi candide que le petit protégé de 12 ans de l’étrangleur !
Un scénario aux petits oignons donc, une nouvelle fois brillamment mis en scène par le dessin si typique de Tardi dont le noir et blanc sied si bien à l’atmosphère sombre (et parfois second degré, comme ici) qui règne dans ses œuvres.
Et comme s’il avait du mal à quitter son étrangleur (ce one-shot est d’abord sorti sous forme de feuilleton format gazette à raison d’un numéro par mois), l’auteur propose en guise d’épilogue de prolonger le plaisir avec des fins alternatives que le lecteur découvre en coupant la tranche des pages collées entre elles. En grande forme, Tardi. Et très joueur !

[sullivan]

 

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