Leçon de choses
Mardon
dupuis

Années 70. Jean-Pierre a 8 ans et vit une enfance dorée à la campagne. C’est l’époque des 400 coups avec son copain Cyril, des relations compliquées avec les filles, du catéchisme, de l’école à classe unique et des moments complices passés avec sa maman. Une vie rêvée au grand air qui prend fin subitement quand ses parents lui annoncent leur séparation et son déménagement à la ville.
Cette évocation de l’enfance que l’on sent fortement autobiographique est des plus crédibles. Les nombreuses anecdotes de la vie à la campagne (les poulets qu’on égorge, les chats qu’on noie, les pochetrons du village…) apportent en effet beaucoup d’authenticité et de justesse à ce portrait de l’insouciance et de l’innocence. D’autant que le trait plus simple et direct qu’à l’accoutumée de Mardon confère à son dessin un côté naïf et enfantin.
L’intrusion soudaine d’un grain de sable (Jean-Pierre, personnage fétiche de l’auteur, surprend un jour sa mère avec un autre homme) dans cette jolie machine joue le rôle de rite initiatique qui met violemment fin au bonheur dans lequel Jean-Pierre baignait. Elle vient lui faire prendre conscience que la vie a des facettes qu’il ne connaît pas encore. Des facettes bien plus sombres. Et rien ne sera plus pareil par la suite, semble nous dire l’auteur.
On avait compris avec “Vagues à l’âme”, sa magnifique première œuvre, que Mardon excellait à mettre en scène la nostalgie. “Leçon de choses” le voit revenir en quelque sorte à son premier amour avec cette façon de madeleine Proust qui reste assez amère en bouche.

[sullivan]

 

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