La légende des nuées écarlates. 1. La ville qui parle au ciel
Tenuta
les humanos

Ce qui impressionne d’emblée avec cette œuvre, c’est son esthétique : ce dessin, inspiré de l’art japonais, est aussi délicat qu’intense et les couleurs (majoritairement des blancs et gris troués de tâches rouges) sont superbes. “La légende des nuées écarlates” pourrait n’être qu’un bel objet, un peu vain. Bien au contraire, le visuel sert à merveille cette tragédie se déroulant dans un Japon ancestral lointain.
Le tome 1 est l’histoire d’une rencontre. Lui se trouve dans un bar. Il est seul et amnésique. Il ne se souvient que d’une chose : il a perdu un œil et un bras dans un combat il y a quelques années. Depuis, des voix viennent hanter son esprit. Des voix qui se sont tues quand il l’a vue. Elle, c’est la jeune Meiki. Elle est en train de faire une représentation de bunraku (des marionnettes en bois) quand des soldats, envoyés par la Shogunaï, viennent pour l’arrêter. La sentant en danger, Raido lui vient en aide. Leur fuite commence alors.
Sur fond de légende poétique teintée de fantastique, “La ville qui parle au ciel” dévide sa trame en cultivant le mystère. Les thèmes abordés : trahison, soif de pouvoir, vengeance, quête de vérité attirent la curiosité et les personnages sont campés avec une grande habileté. En effet, si l’on comprend rapidement dans quel camp chacun se trouve, les protagonistes gardent toutefois leur part d’ombre jusqu’au bout et ce en dépit des flash backs qui, par petites touches, commencent à assembler quelques pièces du puzzle sous les yeux d’un lecteur aux anges.

[sullivan]

 

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