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Les rêves de Milton. T.2.
Maël/Féjard-Ricard
(aire libre)
La poisse poursuit cette famille dont le nom, Cry (crier ou pleurer en
anglais) semble prédestiné : après une tempête,
alors qu’ils sont en route pour l’ouest américain,
leur tente s’envole et, dans leur fuite, le père met la voiture
dans le fossé. Et la haine continue de guider la vie de William,
le fils aîné. Rejeté par les uns, frappé par
les autres, il rumine ses plans de vengeance et raconte des histoires
à son frère, un grand costaud demeuré, pour le convaincre
de passer à tabac ceux qui l’ont humilié. 3 personnes
ont déjà été retrouvées mortes sur
le chemin emprunté par le convoi. Mais les super flics du bureau
fédéral sont sur les traces du tueur.
Avec ce tome 2, ce diptyque se referme de la même façon qu’il
avait commencé : violente, sombre et désenchantée.
Les rêves de Milton sont devenus cauchemars. A la façon d’Howard
Zinn dans son édifiante “Histoire populaire des Etats-Unis”,
les scénaristes cassent le mythe de la conquête de l’ouest
en concentrant leur récit sur les gens simples. Et il n’est
ici pas question d’or ou d’Eldorado mais de pauvreté,
de souffrance, d’injustice et de désespoir.
“Les rêves de Milton” est une histoire coup de poing
qui met en scène un univers sordide et sans pitié parfaitement
mis en images par le trait sec et expressionniste de Maël. Et laisse
un goût amer en bouche une fois la dernière page tournée.
On est ici bien loin de Hollywood.
[sullivan]
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