Jinx
Bendis
(delcourt)

Goldfish et Columbia sont deux petites frappes qui vivent de petites arnaques. Un jour, complètement par hasard, ils obtiennent un tuyau au sujet d’un magot de 3 millions de dollars planqué quelque part. L’un a un nom. L’autre une adresse. Reste à s’entendre sur le partage. D’autant que l’intrusion inopinée de Jinx, une chasseuse de primes, va encore un peu compliquer l’affaire.
Bendis déroule l’exploration des relations entre les différents personnages ainsi que leur psychologie sur plus de 400 pages. 400 pages d’un polar poisseux qui nous fait visiter les bas-fonds de Cleveland et nous montre, au travers de ces êtres cassés et asociaux, l’envers du rêve américain. Et sombre. Aussi sombre que l’étonnant dessin noir et blanc de Bendis qui fait indéniablement penser au “Sin City” de Miller. Bavard aussi car comme dans les films de Tarantino les protagonistes ont besoin de parler et de refaire le monde avant de flinguer. Ces différents aspects donnent à “Jinx” un rythme particulier : tour à tour indolent et nerveux, calme et speedé.
Le début de l’histoire est assez opaque mais une fois rentré dans l’intrigue, on est littéralement happé par sa violence et ses entourloupes. Bref, on a là du comics comme les américains savent en faire : crédible et efficace. Dommage que le découpage de Bendis, dans sa volonté (louable) d’être vif et original, ne soit pas toujours très lisible et gêne parfois la lecture.

[sullivan]

 

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