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Abdallahi (seconde partie)
Dabitch/Pendanx
futuropolis
Etant enfant, fils de bagnard et orphelin, René Caillié
avait un rêve : parcourir des terres inconnues. Pour le réaliser,
il se rendit plusieurs fois en Afrique, tomba malade, repartit aux Antilles,
avant de finalement revenir en France. Pourtant, après ce premier
échec, il comprit ce qu’il voulait accomplir : être
le premier européen à entrer dans la ville mythique de Tombouctou,
alors interdite aux blancs. Pour réussir son pari, notre homme
vécut pendant dix mois au milieu des Maures Braknas pour s’imprégner
de la culture et de la langue. C’est là qu’il commence
à mentir et quand débute son grand voyage, en Avril 1827,
René Caillié est devenu Abdallahi, “le serviteur de
Dieu”, esclave égyptien arraché à sa famille
par des négriers européens qui veut rentrer chez lui. Il
n’arrêtera plus de mentir, devenant quelqu’un d’autre
pour survivre et arriver à destination.
Dabitch et Pendanx avaient, avec l’histoire de René Caillié,
un matériau extraordinaire à portée de main. Ils
en ont fait une grande œuvre du 9éme art. Sur près
de 180 pages, les auteurs ont marché dans les pas de cet explorateur
fou pour faire revivre ses désirs, doutes, stratagèmes,
angoisses et délires et pour tenter de comprendre ce qui a bien
pu pousser cet homme à parcourir plus de 4000 kilomètres
en 17 mois et à se mettre en danger, moralement et physiquement,
pour rejoindre Tombouctou.
Esclavagisme, vengeance, démence, rêves : on trouve
tout cela dans “Abdallahi” mais cette folle aventure est également
une invitation à découvrir ce magnifique continent qu’est
l’Afrique au travers des rencontres de Caillié avec les différentes
cultures et ethnies maure, touarik, foulah, bago ou brakna. Et que dire
des somptueuses peintures de Pendanx sinon qu’elles magnifient cette
très belle histoire… Un diptyque à la fois atypique
et incontournable !
[sullivan]
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