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Tout doit disparaître
Hureau
futuropolis
Sabine et Alicia s’ennuient. Vivre dans cette petite ville normande
qui meurt à petit feu à mesure que les magasins ferment
les uns après les autres n’est pas vraiment la vie dont ces
adolescentes ont rêvé. L’arrivée de Mélusine
va cependant sortir ces 2 amies de la morosité ambiante. Rebelle,
plus mature et un brin provocatrice (elle s’habille gothique), la
nièce du buraliste va bientôt bouleverser leur vie trop tranquille.
“Tout doit disparaître” commence par la chronique d’un
âge fragile et fondateur : l’adolescence. Simon Hureau
dépeint avec brio la difficulté de grandir, d’oublier
l’innocence et l’insouciance, de se confronter aux autres
et à la violence de la vie pour trouver sa place dans la société.
Il le fait avec pudeur mais avec force aussi. Certaines scènes
sont ainsi poignantes de vérité. Et le mal être que
l’on sent par exemple chez Alicia est encore exacerbé par
le dessin noir et blanc ou par l’atmosphère de torpeur et
de tristesse que l’auteur fait régner dans le bourg où
habitent les personnages.
Pourtant, la description de la relation entre les 3 filles se double progressivement
d’une tension. La menace guette. Elle est symbolisée par
ce camion qui rôde la nuit, par ces animaux domestiques retrouvés
éventrés le long de la route ou par l’omniprésence
de ces oiseaux charognards qui semblent attendre leur heure . Et
quand elle explose enfin, elle donne alors des allures de thriller désenchanté
à cette œuvre singulière et déstabilisante,
au dénouement peut-être un peu trop appuyé.
[sullivan]
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