PAR
LES CHEMINS NOIRS
1 : Les prologues
David B.
futuropolis
Même s’il a été publié chez beaucoup d’éditeurs,
Futuropolis semble avoir donné un nouveau souffle, une sorte de seconde
vie artistique à David B. Après sa période Association,
il vient en effet d’y sortir “Les complots nocturnes” (en
2005), “Le jardin armé” (en 2006), ce “Prologues”
donc et y prévoit une nouvelle série intitulée “Milieu”
qui aura pour thème le gangstérisme.
On retrouve dans “Par les chemins noirs” son trait ondulant et
les marottes habituelles de l’auteur : guerre, bagarres mais aussi
amour… Cependant, la narration de ce premier récit surprend.
L’histoire se passe juste après la première guerre mondiale.
Faisant partie des vainqueurs, l’Italie reçoit des territoires
mais pas Fiume, dont les habitants sont pourtant majoritairement italiens.
Le 12 septembre 1919, Gabriele D’Anunzio, héros de guerre et
poète, prend la tête d’une armée de déserteurs
et d’anciens soldats pour s’emparer de la ville et l’offrir
à son pays. Mais l’Italie refuse. D’Anunzio ne se démonte
pas : il déclare Fiume république indépendante et
en devient le dirigeant. L’armée encercle alors la ville mais
a pour ordre d’attendre la reddition sans violence. S’ouvre alors
à Fiume une parenthèse assez étrange et insolite dans
l’Histoire, où l’anarchie règne et où tout
semble possible. Les soldats déclenchent des bagarres aux quatre coins
de la ville, les bandits pillent les appartements, les bandes rivales s’entretuent…On
y rencontre Lauriano, beau gosse qui a monté une “affaire”
avec 3 camarades, le clan des milanais qui menace leurs intérêts,
la belle Mina Linda, prisonnière des milanais ainsi que, bien sûr,
D’Anunzio et sa garde rapprochée.
Sur fond de politique, le récit va et vient entre ces diverses figures
et suit en fil rouge l’histoire d’amour entre Mina et Lauriano.
Sans véritable début ni fin marquée, mêlant faits
historiques et personnages romanesques, “Les prologues” s’apparente
finalement à une ballade qui nous fait découvrir un pan de l’Histoire
aussi étonnant que méconnu mais peine néanmoins à
tenir en haleine jusqu’au bout et risque, du coup, de perdre quelques
lecteurs en chemin.
[sullivan]