L’ALLIGATOR.
Dis moi que tu ne veux pas mourir
Igort/Carlotto
casterman
Massimo Carlotto est
considéré comme l’un des meilleurs auteurs italiens actuels
de roman policier. Il a écrit une aventure inédite de sa série
“L’alligator” pour Igort. Noire à tous les étages.
Car Carlotto y fait évoluer la faune habituelle des romans du genre :
on retrouve donc l’alligator, alias Marco Buratti, devenu détective
privé après avoir injustement passé 7 ans en prison.
A ses côtes, ses 2 associés : Beniamino Rossi, truand à
l’ancienne, et Max-la-mémoire, révolutionnaire gauchiste.
Et autour d’eux, gorilles, mafiosos, petites frappes et gros trafiquants
qu’ils fréquentent pour régler leurs affaires.
Cette fois, le contrat est un peu spécial : un certain Beppe Sainas,
riche homme d’affaires, leur demande de retrouver sa maîtresse,
une chanteuse se faisant appeler Joanna et de la lui ramener. L’affaire
s’avérera, bien sûr, plus compliquée que prévue.
On le voit, la facture du récit est plutôt classique mais son
ton désenchanté (qui n’est pas sans rappeler l’univers
d’ Izzo), l’épaisseur et l’humanité des personnages
et l’élégant trait fin de crayon à papier rehaussé
de bleu d’Igort lui confèrent une vraie personnalité et
le font évoluer un cran au-dessus de la mêlée.
Un bon polar, dans la lignée de “5 est le numéro parfait”,
l’un des précédents méfaits d’Igort, auteur
que l’on lit toujours avec plaisir.
[sullivan]