Fleurs
d’ébène
Warnauts/Raives
casterman
Congo belge. Un homme,
noir, est retrouvé mort sur le bord d’une route. Assassinat ?
Accident ? Donatien Kalamba était un activiste politique de la
tribu Lulua et son meurtre pourrait raviver les tensions entre les tribus
Lulua et Baluba rivales. La sûreté belge choisit donc d’étouffer
l’affaire. Mais Jean, jeune fonctionnaire de police idéaliste,
semble bien décidé à faire toute la lumière sur
ce décès suspect.
Si les blessures ouvertes par la colonisation du Maghreb ou de l’ Afrique
noire ne semblent pas prêtes de cicatriser en France, cela est également
le cas de celle du Congo pour la Belgique. Warnauts et Raives reviennent donc
sur cette épisode de l’histoire de leur pays avec “Fleurs
d’ébène”. Cette histoire de meurtre que l’on
tente d’étouffer n’est finalement qu’un prétexte.
Un prétexte utilisé par les auteurs pour rendre hommage à
un continent, omniprésent dans leur œuvre, qu’ils aiment
sincèrement ( il doit d’ailleurs y avoir beaucoup d’eux
dans le personnage de Jean). Et aussi pour que leurs compatriotes n’oublient
pas l’hypocrisie de la colonisation, censée être une œuvre
civilisatrice, ainsi que les actes racistes et la discrimination qui l’ont
accompagnée.
La démarche est plus que louable (le gouvernement De Villepin n’a-il
pas récemment montré qu’il avait la mémoire très
sélective en ne mettant en exergue que le rôle positif de la
colonisation…) mais aurait sans doute mérité un scénario
plus fort ainsi qu’un dessin plus expressif pour lui donner la dimension
qu’elle méritait. Au final, “Fleurs d’ébène”
est une histoire fort agréable à lire mais qui reste tout de
même assez anecdotique.
[sullivan]