Thorinth.
T.5 : Le grand tout
Fructus
les humanos
Thorinth est un univers
improbable. C’est une tour gigantesque dans laquelle les aliénés
de toutes sortes sont enfermés. Madalis, scientifique de renom, a vu
l’une de ses expériences visant à atteindre la fusion
parfaite entre âme et cosmos mal tourner et entraîner la mort
de milliers de personnes. En conséquence, elle a été
condamnée à errer à tout jamais dans Thorinth. A tout
jamais ? Peut-être pas ! Car l’impensable est arrivé.
Veï-Din, le mari de Madalis, est en effet parvenu à rejoindre
ce monde clos pour en délivrer sa bien-aimée. Après diverses
péripéties, au péril de sa vie, il est parvenu à
ses fins : retrouver sa moitié. Mais à sa grande surprise,
celle-ci ne désire pas ressortir et retrouver le monde normal. Elle
veut rester pour continuer ses expériences. Car elle semble avoir trouvé
dans Thorinth ce qui lui manquait pour réussir…
A l’instar d’un George Lucas avec Star Wars, Nicolas Fructus est
parvenu à créer avec Thorinth un univers incroyablement foisonnant,
original et inventif. On y trouve des créatures bizarres (les Schnouboufs),
des chirurgiens un peu particuliers (les Pellegens) et même un monstre
(le garde-fous) chargé de réguler et punir les actes violents.
Néanmoins, Thorinth possède pas mal de points communs avec notre
monde : des dirigeants que la soif de pouvoir rend capables de tout,
une drogue, le Sogrom, qui permet de manipuler le peuple ou un besoin de croire
en un au-delà, une entité supérieure…comme si ses
habitants ne pouvaient faire autrement que recréer ce qu’ils
connaissaient quand ils étaient libres.
Mais cette série est aussi et surtout une ode à l’amour,
un rêve d’union éternelle par delà l’espace
et le temps, une utopie mise en images qui se clôt de façon spectaculaire
avec ce dernier tome. Bien sûr son côté ambitieux fait
que le scénario peut parfois être complexe et la lecture ardue
mais il serait vraiment dommage de passer à côté de cette
fresque grandiloquente servie par un graphisme virtuose (grâce à
un logiciel, l’auteur fait une mise en couleurs “opaque”
de ses crayonnés après les avoir scannés) qu’un
Jodorowsky ne renierait certainement pas.
[sullivan]