Le
bestiaire amoureux
vol.4 : “L’âge où on est mort”
et “Missionnaire”
Sfar
(delcourt)
On aurait pu croire qu’il
se calmerait avec le temps. Eh bien non ! Non content de travailler sur
une version animée du “Chat du rabbin” pour le cinéma,
Sfar a récemment livré avec son compère Trondheim de
nouveaux épisodes de “Donjon Parade” et “Donjon Monsters”,
suivi le procès de Charlie Hebdo pour les caricatures de Mahomet afin
de le retranscrire dans “Greffier” et donc relancé ses
carnets et remanié sa série “Grand Vampire”.
En effet, “le bestiaire amoureux” n’est pas à proprement
parler une nouvelle série. L’auteur niçois se trouvait
en fait un peu à l’étroit dans “Grand vampire”
et sa pagination de 48 pages. D’où un nouveau nom, un nouveau
format, plus petit, et une plus grande pagination. Les 3 premiers volumes
du “Bestiaire amoureux” contiennent chacun deux tomes de “Grand
vampire” ainsi que des bonus, des histoires inédites réalisées
alors que Sfar n’était pas encore connu. Et le volume 4 propose
une toute nouvelle aventure de la série gothique de l’auteur.
Où l’on suit les tribulations amoureuses de Richard Marouani
le loup-garou, d’ Aspirine la vampire, qui déprime car elle a
de petits seins d’ ado depuis qu’elle est morte il y a 250 ans,
de Perdito le canard et, bien sûr, de Fernand.
Dans “L’âge où on est mort”, on tchatche, on
drague, on se masturbe, on se quitte, on se trompe, on est épris…bref,
au travers de ses personnages, Sfar philosophe sur l’amour et le sexe
sur un mode délirant, décalé… et jouissif. Car
“L’âge où on est mort” est un grand cru :
le scénario est inspiré et surprenant de bout en bout et l’auteur
y fait montre de sa meilleure verve…
Quant à “Missionnaire”, il relance donc les carnets de
Sfar. Auparavant parus à l’Association (ils répondent
aux doux noms de “Harmonica”, “Piano” ou “Ukulélé”),
ils reprennent du service dans la collection Shampooing (dirigée par
Trondheim…) de Delcourt. “Missionnaire” regroupe en fait
les journaux de deux voyages de Sfar à Tokyo et New-York. Journaux
fourre-tout dans lesquels on trouve des croquis préparatoires pour
ses séries, ses réflexions philosophiques sur la vie et le monde
qui l’entoure, ses états d’âme. Bref, à boire
et à manger, sans aucune organisation. Et c’est ce que l’on
aime. Cela peut être déroutant de prime abord pour ceux qui ne
connaissent pas encore mais ces carnets sont l’occasion unique de découvrir
cet auteur de façon plus intime et originale.
[sullivan]