Chess.
1 : Tu n’es qu’un pion
Ricard-Ricard/Minerbe
les humanos
Peu importe le genre
abordé, il est une constante dans les œuvres de Sylvain Ricard :
la qualité. Que ce soit lorsqu’il raconte un séjour passé
en pleine guerre du Liban à Beyrouth en 1990 (“Clichés”,
chez les humanos, co-scénarisé par son frère Bruno et
dessiné par Gaultier), qu’il suit les pas d’un serial killer
dans l’ouest américain de la grande dépression de 1929
(“Les rêves de Milton”, chez dupuis, co-scénarisé
par Féjard et dessiné par Maël) ou qu’il s’essaie
à l’anticipation comme avec “Chess”, cette nouvelle
série.
Une nouvelle fois épaulé par son frère, Sylvain Ricard
a ici planté l’intrigue en 2022, dans un monde complètement
chamboulé par une catastrophe naturelle. Un astéroïde a
en effet percuté la côte est des Etats-Unis en 2019, détruisant
pratiquement complètement le continent. Presque toutes les espèces
vivantes ont été éradiquées de cet endroit de
la planète. Le leadership américain ayant disparu, ce sont désormais
l’empire chinois et le califat moyen-oriental qui se disputent l’hégémonie
mondiale. Les deux puissances ont bien signé un traité d’entente
“eau contre pétrole” mais cela ne les empêche pas
de s’espionner en douce pour continuer à avancer leurs pions
dans cette gigantesque partie d’échecs.
C‘est dans ce contexte que Chess est recruté par des musulmans
séparatistes de Chine pour s’infiltrer en territoire ennemi et
détruire un camp militaire. Mais, en pleine mission, le mercenaire
se rend compte qu’il a été trompé et que l’objectif
est tout autre : récupérer un mystérieux enfant
se trouvant aux mains des chinois.
L’univers de “Tu n’es qu’un pion” est certes
très surprenant (difficile de prime abord d’imaginer un monde
sans Etats-Unis…) mais il apparaît très vite crédible
de par la précision apportée à la description géopolitique.
Ajoutez-y beaucoup de rythme, la touche de mystère nécessaire
à ce genre de récit et un dessin privilégiant la lisibilité
tout en étant personnel et vous obtenez un premier tome inspiré
qui lance cette série de fort belle manière. Vivement la suite.
[sullivan]