Katharine
Cornwell
Malès
les humanos
Après l’expérience
concluante de “L'autre laideur, l’autre folie”, Marc Malès
revient au roman graphique. Son récit se focalise cette fois sur un
unique personnage : Katharine Cornwell. Une femme qui semble tout avoir
pour elle : elle est belle, plaît aux hommes et a décroché
le rôle de sa vie dans une pièce importante. Pourtant, elle n’arrive
pas à être heureuse. La faute certainement à un mari odieux,
dont elle est en train de divorcer. Mais surtout à cette culpabilité
qui la ronge un peu plus chaque jour. Difficile pourtant de parler d’un
secret aussi lourd à porter…
Trop en dire au sujet de ce secret reviendrait à gâcher une grande
partie du plaisir de lecture mais c’est bien la descente aux enfers
de Katharine Cornwell que nous conte Marc Malès dans cette œuvre
sombre, à laquelle ce noir et blanc va très bien.
La narration est atypique : elle prend vraiment le temps de cerner le
personnage de Katharine et dévoile, par coups de projecteur successifs,
ses états d’âme pour nous faire comprendre graduellement
l’origine de ses tourments et donner un caractère inéluctable
à ce qui va se passer.
Avec son ton désenchanté, son rythme singulier (lent puis soudainement
emballé), son côté littéraire et son personnage
que Malès a indéniablement su rendre touchant, “Katharine
Cornwell” dénote dans la production actuelle. Ce n’est
pas fait pour nous déplaire, vous vous en doutez…
[sullivan]