Orbital.
2.Ruptures
Pellé/Runberg
dupuis
Dans le futur, sur Orbital,
une gigantesque station spatiale. Les nouvelles recrues de l’O.D.I.
(Office Diplomatique Inter-mondiale), chargé de faire respecter l’ordre
et la paix dans l’univers confédéré, ont été
intronisés par la dignitaire primale. Caleb Swany, premier humain à
être accepté dans cet organe pacifique travaillera en binôme
avec Mézoké Izzua, une Sandjarr, issue d’un peuple quasiment
exterminé par les terriens lors d’une attaque ayant eu lieu 15
ans auparavant. Leur première mission ? Se rendre sur Senestam
afin d’éviter un conflit entre des colons humains s’étant
installés sur cette petite lune pour y extraire du trélium,
un minerai explosif, et les Jävlodes, peuple propriétaire de l’astre
dont le pacifisme légendaire semble cette fois se craqueler.
Quelque part entre “Valérian” et “Star Wars”,
cette série a trouvé sa voie et propose avec “Ruptures”
la fin de ce premier diptyque fort réussi. Cette science-fiction-là
a de l’inspiration : les personnages sont étoffés,
le scénario est maîtrisé et tient en haleine jusqu’au
bout et le dessin est à l’avenant.
Mais “Orbital” n’est pas qu’un bon divertissement.
Car si Pellé et Runberg plantent leur intrigue dans un futur lointain,
c’est pour mieux tendre un miroir à notre présent et vilipender
le repli sur soi, l’intolérance, la haine de l’autre et
la violence. Car que l’on ne s’y trompe pas, si Caleb Swany fait
ici figure de héros, c’est bien le seul être humain dans
ce cas. Dans “Orbital”, l’Homme en prend pour son grade
(il est d’ailleurs considéré comme un être dangereux,
irréfléchi et peu intelligent par les autres races de l’univers…).
Ainsi, reconnaît-on, en filigrane, au travers des actions de ces colons
renégats ou des Isolationnistes, une critique acerbe de l’apartheid,
de la politique étrangère des Etats-Unis ou d’autres colonisations
fort peu civilisatrices. Vivement la prochaine mission !
[sullivan]