La
guerre des Sambre. Hugo et Iris : chap. 1
Yslaire/Bastide-Mezil
glénat/futuropolis
Yslaire a bien essayé
de prendre ses distances avec sa série romantique fétiche. Il
y eut l’ambitieuse aventure “Mémoires du XX ème
ciel” sous forme de site internet, devenue par la suite série
pour faire le portrait du dernier siècle de ce second millénaire.
Puis “Le ciel au-dessus de Bruxelles”, message de paix et d’amour
ô combien nécessaire mais manquant de rythme. En vain. L’auteur
revient donc à ses premières amours, teintées de rouge
et de noir. Incapable de quitter la saga de cette famille condamnée
à vivre dans la tragédie génération après
génération, il se replonge avec bonheur dans la malédiction
des Sambre en explorant cette fois les origines de cette guerre des yeux.
Cette première histoire, prévue en 3 tomes, se focalise donc
sur le personnage d’Hugo, père de Bernard, jeune.
Le chapitre 1 brosse le portrait d’un homme dont les rêves se
heurtent sans cesse au carcan familiale : mariage arrangé, père
ignoble, sœur odieuse…Mais la rencontre d’un contremaître,
Saintange, va bouleverser sa vie et lui donner la force de prendre son envol.
Grâce à lui, il découvrira la générosité
des travailleurs de la mine, la passion de l’archéologie et rencontrera
la bien-nommée Iris.
Ce retour aux sources d’Yslaire ne pouvait être qu’une réussite.
“Sambre” est sa série fétiche et chacune de ses
histoires démontre toujours la même inspiration. On retrouve
donc le souffle romanesque et la force tragique doublés ici d’une
dimension sociale intéressante, auxquels notre homme nous avait habitués.
Pourtant cette fois le pari est un peu fou. En plus de conter l’histoire
d’Hugo et Iris, l’auteur prévoit de remonter un peu plus
encore dans le temps en donnant un coup de projecteur (débutant en
1760) sur le couple Werner/ Charlotte et même, tenez-vous bien, sur
le couple Aam/Yev 40 000 ans avant JC !
Mais Yslaire a cette fois décidé de s’entourer de dessinateurs
pour mener à bien ces 3 projets sur un rythme plus soutenu que “Sambre”.
Voilà en tout cas de quoi tenir les lecteurs en haleine d’autant
que la livraison de ce chapitre 1 est également une réussite
graphique, Bastide et Mezil ayant réussi à s’inscrire
dans un style proche de celui du “maître” tout en faisant
preuve de brio et de personnalité.
[sullivan]