American
Born Chinese
Gene Luen Yang
dargaud
Le livre s’ouvre
sur le personnage du roi-singe, souverain de la montagne des fleurs et des
fruits qui veut se rendre au banquet donné dans les cieux pour les
dieux, les déesses et les esprits. Puis apparaît ensuite Jin,
un enfant né aux Etats-Unis de parents chinois qui aimerait tant ressembler
à ses camarades de classe pour être accepté et avoir des
amis. Enfin, il y a Shing-Tok, le cousin de Danny qui lui rend visite tous
les ans et lui fait honte d’être ce qu’il est : un
condensé de tous les stéréotypes relatifs aux chinois.
Originale et étonnante, la forme narrative de “American Born
Chinese”, parce qu’elle mêle paraboles chinoises et comics
américain, est l’écrin idéal pour parler de ce
que l’auteur a pu ressentir lorsque, étant enfant, il ne désirait
qu’une chose : être comme les autres. Ces 3 histoires d’abord
contées en parallèle pour ensuite ne plus faire qu’une
dans un final brillant dépeignent en effet avec subtilité et
intelligence les épreuves qu’il a traversées : la
difficulté d’être un “autre”, les brimades
des enfants, la crise d’identité ou le rejet de ses racines.
Si, à l’instar du dessin de Gene Luen Lang, entre manga et comics,
le propos de “American Born Chinese” peut paraître de prime
abord naïf et inoffensif, il gagne rapidement en épaisseur pour
finalement avoir une portée bien plus large et fort touchante. Cette
jolie réflexion sur la différence confirme en tout cas que le
retour de Dargaud au roman graphique est décidément très
réussi.
[sullivan]