Ce
que le vent apporte
Martin
aire libre
Russie, 1916. Alors que
la révolution commence à gronder, Alexandre, étudiant
en médecine et militant, accepte un poste de directeur d’hôpital
au beau milieu de l’Oural pour fuir les représailles de la police
tsariste. Il doit y remplacer un vieux docteur assassiné dans des circonstances
étranges. Sur place, le jeune homme doit faire face à la méfiance
des paysans concernant les “tue-la-santé”, ainsi qu’ils
les nomment, à la rigueur extrême du climat, à l’isolation
mais aussi aux croyances et autres superstitions folkloriques ayant cours
parmi la population. Et quand la jeune Sveta est retrouvée sans vie,
le spectre du monstre de la saison des vents réapparaît…
“Ce que le vent apporte” est le genre d’œuvre assez
hybride qui aime aller là où on ne l’attend pas. En effet,
le début du livre donne l’impression que Martin va mettre en
scène le destin de personnages pris dans la tourmente de l’histoire.
C’est à ce moment-là que l’auteur fait partir Alexandre
en Oural et que le scénario se mue en un genre de chronique sociale
avant de pencher définitivement pour le thriller inquiétant
naviguant entre fantastique et roman noir.
Voilà en tout cas un scénario malicieux qui tient en haleine
jusqu’au bout, quelque part entre “Le tour de valse” de
Pellejero et Lapière et “Les rêves de Milton” de
Maël, Féjard et Ricard.
[sullivan]