Le
tueur. T.6 : Modus Vivendi
Jacamon/Matz
casterman
On pensait le tueur rangé
des contrats. Après avoir tué ceux qui avaient essayé
de le mettre hors d’état de nuire, il semblait cette fois vouloir
se retirer définitivement au Venezuela avec sa belle. Il faut croire
que l’on s’était trompés. La faute au manque d’action.
Et comme on lui a proposé de travailler quasiment à domicile,
le tueur a rempilé, pour fuir l’inactivité.
Un peu rouillé au départ, il a cependant facilement honoré
ses deux premiers contrats. Mais quand on lui a demandé de liquider
une bonne sœur, ça s‘est compliqué pour notre homme.
Il faut dire que s’il est facile de rayer des ordures de la surface
de la Terre, il n’en est pas de même pour des personnes qui passent
leur temps à faire le bien autour d’elles…
C’est un antihéros qui semble avoir changé que l’on
retrouve au début de “Modus Vivendi”. Lui qui n’avait
jamais le moindre scrupule traverse cette fois une vraie crise de conscience.
Il faut le comprendre : qui pourrait bien avoir envie d’éliminer
une religieuse ?
A l’image de son personnage principal, la série de Matz et Jacamon
revient en grande forme. Le scénario, qui suit les réflexions
philosophiques et états d’âme de son narrateur, garde ce
ton singulier : critique, cynique et désenchanté, qui fait
sa particularité. Et ajoute deux ou trois petits ingrédients
à la recette que l’on connaissait déjà, histoire
de pimenter un peu le tout : une pincée de doute chez notre tueur
et un zest d’espionnage et de géopolitique contemporains (l’arrivée
au pouvoir d’un nouveau président désirant nationaliser
les ressources pétrolières de son pays n’est pas étranger
à l’affaire qui occupe notre homme…).
Autant dire que l’on attend la suite de cette valeur sûre du polar
noir avec impatience.
[sullivan]