Nous
n’irons plus ensemble
au canal Saint-Martin
Sibylline/Dauvillier/Capucine/Ravard/D’Aviau
les enfants rouges
Un nombre de parutions
qui ne cesse d’augmenter année après année. 4313
en 2007 ! Et, malgré tout, il y a toujours de petits éditeurs,
tel Les enfants rouges, qui résistent et qui continuent de croire que
l’on peut encore travailler à la façon d’un artisan,
à son rythme (une petite dizaine de sorties par an), en toute indépendance.
De petites structures qui pensent qu’ originalité et sincérité
leur permettront de se frayer un chemin jusqu’aux étals des libraires.
Et s’ils sortent des œuvres comme “Nous n’irons plus
ensemble au canal Saint-Martin”, ils ont en tout cas 1000 fois raison
d’y croire.
Ce livre réalisé à plusieurs mains propose 3 histoires.
Un jeune homme taciturne assis seul sur un banc la nuit se fait accoster par
une jolie jeune fille. Un couple qui s’engueule car sur le point de
rompre. Un cinquantenaire qui se saoûle pour oublier la photo qu’il
tient dans la main. 3 histoires différentes. En apparence. Car entre
le canal Saint-Martin et le zinc d’un bar, ces personnages se croisent
l’espace d’une nuit et un jour. Leurs états d’âme
aussi. Ce qui les rapproche, c’est l’amertume qu’ils ont
dans la bouche et la médiocrité de leur vie. Et quoi de mieux
que ces dessins en noir et blanc (mention particulière à celui
de la deuxième histoire) pour faire passer leur désenchantement,
leur mélancolie ?
Une œuvre chorale aussi sombre qu’inspirée.
[sullivan]