Ronces.
T.2 : Fleurs de Néon
Morvan/Némo
les humanos
Dans une mégalopole
industrielle gigantesque, le commissaire Mornières poursuit son enquête
au sujet de ces assassinats horribles perpétrés dans le métro.
Pourtant, tout désigne ce grand dadais naïf et calme comme coupable :
il était le seul rescapé de la rame de métro à
l’arrivée des policiers, il a violemment agressé l’inspecteur
Rougalphes quand celui-ci a voulu lui passer les menottes et, enfin, l’analyse
scientifique a prouvé qu’il avait du sang de toutes les victimes
sur ses habits. Mais il y a quelque chose qui cloche dans cette affaire, Mornières
en a l’intime conviction. En tout cas, la dernière fois que les
caméras de surveillance l’ont enregistré, le fugitif était
recueilli par des individus cagoulés semblant appartenir à une
secte étrange…
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette trilogie ne manque
pas de fantaisie ! On aime beaucoup son atmosphère steampunk brillamment
mise en valeur par le dessin de Nesmo et cette sorte de Paris futuriste régressif,
un peu rétro, période art nouveau et début de XXème
siècle, complètement bétonné et pollué.
Tout n’est que fumées, usines, bruits et grisaille dans cette
ville complètement déshumanisée où les habitants
sont devenus froids, méchants et distants.
On aime également ce scénario gentiment loufoque et déjanté
(je vous recommande notamment l’incroyable scène de la purification
du commissaire) de Morvan qui sert cette fable fantastique écologique.
Bien sûr, on pourra lui reprocher certains passages un peu trop délirants
et un côté un peu naïf mais derrière la forme débridée,
le fond fait mouche avec cette critique très virulente de l’urbanisation
à outrance, des pollueurs de toutes sortes et des citadins “rongés”
par les grandes villes.
Si certains pensaient que l’imagination de Morvan était un peu
émoussée, notre homme vient leur prouver avec “Ronces”
qu’il est encore vert.
[sullivan]