Je
suis Légion. T.3 : Les trois singes
Nury/Cassaday
les humanos
Rodolf Jeyzig, dignitaire
du service secret nazi, travaille à un projet scientifique qui pourrait
bien influer sur l’issue de la seconde guerre mondiale. Il a en effet
trouvé le moyen, à l’aide du sang d’une jeune fille
roumaine, de transformer des individus normaux en véritables machines
de guerre mentalement manipulées quasiment invincibles. Pourtant, au
sein du IIIème Reich, des personnalités haut-placées
sont opposées au projet et s’emploient, discrètement,
à faire en sorte qu’il ne voit pas le jour. Pour ce faire, le
général Canaris et Von Kleist vont jusqu’à livrer
des informations ultrasecrètes à Churchill et l’Angleterre
où l’inspecteur Pilgrim enquête, par ailleurs, sur des
assassinats étranges touchant des proches du premier ministre.
Pour que le fantastique fonctionne, il doit s‘ancrer le plus possible
dans le réel. C’est ce que le scénario de Fabien Nury
s’est employé à faire en utilisant des personnages ayant
réellement existé, comme Hitler ou Churchill, et en replaçant
le récit dans un contexte historique connu de tous : la seconde
guerre mondiale. Le dessin hyperréaliste très réussi
(l’expressivité des visages est assez étonnante) de Cassaday
finit de rendre le cadre de la série tout à fait plausible,
d’autant que tout un chacun a entendu parler du goût des nazis
pour l’expérience scientifique. Notre scénariste n’a
plus ensuite “qu’à” dérouler la trame de son
histoire et à démêler dans le troisième et dernier
tome les différents fils de l’intrigue : espionnage, polar,
guerre, trahisons ou accords secrets. Et si le scénario peut parfois
paraître opaque, il empêche en fait le lecteur d’y voir
trop rapidement clair dans le jeu des auteurs.
Au final, la singularité de ce “Je suis Légion”
rythmé lui permet d’éviter d’être une simple
resucée de la légende de Dracula.
[sullivan]