Heavy
Liquid
Pope
dargaud
Dans un New-York futuriste,
“le collectionneur” charge S d’une mission : retrouver Rodan
, l’artiste la plus douée de sa génération afin
de la charger de réaliser une sculpture en heavy liquid, une substance
rare très précieuse aux propriétés incroyables
: elle donne l’impression d’être invincible à ceux
qui la consomment. Accro à cette étrange drogue, S accepte la
mission. Mais pour la mener à bien, il lui faudra éviter les
clowns que le parrain de la pègre a lancé à ses trousses
et revoir les fantômes d’un passé que le héros pensait
oubliés.
Pour l’un de ses premiers récits, Paul Pope livre avec “Heavy
Liquid” une façon de cauchemar halluciné branché
sur du 220 volts. Un thriller d’anticipation très urbain et violent
aussi speedé qu’un accro au heavy liquid. La grande trouvaille
de cette course-poursuite conduite pied au plancher par l’auteur c’est
bien sûr le personnage de S, tout en ambigüités. Costaud
prêt à tout pour trouver sa drogue, il a bien sûr son talon
d’Achille : Rodan, qu’il n’a en fait jamais oublié.
Efficace et divertissant, “Heavy Liquid” ne marque pourtant pas
les esprits. La faute à un scénario pas forcément très
original et à un futur trop peu matérialisé pour faire
travailler l’imaginaire. L’auteur nous explique que l’action
se passe en 2070 et il faut le croire sur parole. Car trop peu de choses ancrent
effectivement l’intrigue dans la seconde moitié du XXIème
siècle. Dommage.
[sullivan]