Fausse
route
Incardona/Gravé
les enfants rouges
Bobo court dans la nuit
noire. Matons et dobermans aux fesses. Il n’en peut plus mais il ne
peut pas s’arrêter. Quand il a vu Zlatan poignarder le gardien,
il n’a pas hésité une seule seconde à fuir. Au
bout de toutes ces années, il en avait marre d’entendre les rires
gras des gardiens jouant aux cartes ou les ronflements des autres détenus,
marre de ce néon qui l’empêchait de trouver le sommeil…Alors
le matricule 109 a couru. Même si 2 évadés sur 3 prennent
une balle dans le dos. Il lui fallait atteindre le pont et alors, il aurait
peut-être une chance…
C’est bien sûr avant tout la cavale d’Antonio Bobino que
Gravé et Incardona proposent de suivre pour l’une de leurs premières
incursions dans la bande dessinée, au travers de ce récit dopé
à l’adrénaline. Mais pas seulement, car comme tout bon
polar noir qui se respecte, “Fausse route”, en plus de son rythme
haletant, a gardé quelques atouts dans sa manche, en plaçant,
par exemple, la belle Nadia sur le chemin de notre fugitif. Que faisait cette
jeune femme à bord de sa Plymouth au beau milieu de la nuit ?
Eh bien pour le savoir, il vous faudra lire ce petit joyau de roman graphique
malicieux, aussi sombre qu’étonnant, magnifiquement mis en images
par Vincent Gravé, qui livre là un dessin fait de gris, de noirs
et de blancs aussi beau qu’expressif. Un petit chef d’œuvre
du genre qui nous fait penser que l’on risque d’entendre rapidement
reparler de ses deux auteurs !
[sullivan]