L’Infini.
T.3 : Organic Transfer
Austen/Cossin
les humanos
Sur l’Infini, une
immense arche stellaire emmenant ses habitants à l’autre bout
de l’univers. Kelsey Fontine est un déconnecté, un paria.
Son connecteur (implanté sous l’oreille) est grillé et,
par conséquent, notre homme n’est plus relié à
l’ordinateur central du vaisseau. Cela comporte beaucoup d’inconvénients :
il est obligé d’utiliser sa voix pour entrer en contact avec
les autres et n’a plus accès à la bibliothèque
ni aux divertissements virtuels…Mais quand il se retrouve, pour une
raison qu’il ignore, avec une bande de tueurs à ses trousses,
il comprend que cette anomalie présente tout de même un avantage
non-négligeable : celui de ne pas pouvoir être suivi à
la trace par l’œil espion du vaisseau…
On a déjà eu l’occasion de le souligner lors de la sortie
des tomes précédents, “L’Infini” n’a
pas pour objectif de sortir des sentiers battus de la science-fiction. Manipulations,
jeux de pouvoir, surveillance étroite de la population par une sorte
de nouveau Big Brother, greffes chirurgicales d’un nouveau type :
la série reprend à son compte les thèmes favoris du genre.
Et les connaisseurs pourront d’ailleurs reconnaître ici ou là
des clins d’œil à “Minority Report”, “Blade
Runner”, “1984” ou encore au “Cinquième élément”.
Mais si cette trilogie accuse un certain déficit d’originalité,
ses auteurs, Austen et Cossin, font le métier, comme on dit. Si le
scénario est parfois un peu difficile à suivre (cela s’explique
notamment par le fait que le lecteur est presqu’autant manipulé
que le héros de l’histoire), il réserve néanmoins
son lot de surprises et de rebondissements. Et comme côté action,
on n’est vraiment pas en reste (les auteurs viennent tout droit du comics
US…), il est impossible de s’ennuyer ne serait-ce qu’une
seconde en suivant les aventures de ce pauvre Kelsey.
Une trilogie habile, divertissante et agréablement acide aussi avec,
en filigrane, cette critique des penchants liberticides des sociétés
occidentales.
[sullivan]