archives BD

L’idole dans la bombe (deuxième partie)
Jouvray/Presle
Futuropolis

Tho-Radia, l’idole de la chanson, a enfin réussi à quitter la Monoposie et sa dictature grâce à l’aide des agents secrets de la confédération des étoiles. Mais arrivée dans son nouveau pays, elle doit se rendre à l’évidence : elle n’a toujours pas trouvé la quiétude à laquelle elle aspirait. Jugez-en plutôt : on veut de nouveau l’utiliser à des fins de propagande, Spongia, qui se fait passer pour le professeur Barzavotzig, ex-savant de Monoposie ayant voulu passer à l’ouest, veut la tuer de peur qu’elle ne dévoile son secret et, last but not least, le président Kenadry la drague…Quant au vrai Barzavotzig, resté au pays, défiguré et rejeté par tous, il commence à mûrir sa vengeance contre le régime de Monoposie…
“L’idole dans la bombe” faisait partie des toutes premières séries de la collection 32 qui avait pour objectif d’apporter de la fraîcheur dans le monde de la bd en proposant des histoires au long cours découpées en épisodes de 32 pages sortant à un rythme régulier et soutenu . La collection, faute d’avoir rencontré un lectorat suffisant, a disparu, mais Futuropolis continue bien sûr de sortir la suite de ces séries sous une autre forme : dans un format, une pagination et un rythme plus classiques.
Dans cette deuxième partie (qui regroupe en fait les épisodes 4 et 5), Presle et Jouvray poursuivent leur relecture inventive et loufoque de la guerre froide. Si les pays, personnages ou évènements ont changé de nom, toute ressemblance avec la réalité n’est pas fortuite. Petit-grand père des peuples, confédération des étoiles, course à l’arme nucléaire, espionnage, un président nommé Kenadry : tout ici rappelle bien sûr la partie d’échecs souvent limite que se sont livrés américains et soviétiques pendant quelques décennies.
Le dessin au crayon de Jouvray directement mis en couleurs sans encrage préalable et les notes burlesques présentes ici ou là tirent évidemment la série du côté de la comédie mais cela n’empêche pas Stéphane Presle de pointer du doigt l’inconséquence, les pratiques douteuses et les actes horribles perpétrés par chacun des deux camps. Et comme la série avait été construite comme un feuilleton, le récit est très dynamique puisque l’on suit d’une part les aventures de Tho-Radia et Spongia à Watchingtown et celles des résistants, du commissaire Modra et de Barzavotzig en Monoposie.
Une deuxième partie qui confirme tout le bien que l’on pensait de cette parodie historique aussi enlevée qu’incisive.

[sullivan]

 

 


Pour être chroniqué dans cette rubrique, envoyez vos productions à :
If you want to be reviewed here, send your promotionnal stuff to :
Mathieu Gelezeau - 51, rue Paul Vaillant Couturier - 92240 Malakoff - France /
email : positiverage(a)hotmail.com