La
résistance du sanglier
Levallois
futuropolis
Il avait mis 7 ans pour
donner une suite à “Noé”, sorti chez les Humanos
en 2000, avec le déjà très remarqué “Le
dernier modèle”. Cette fois, il n’aura mis que quelques
mois pour remettre le couvert. Comme quoi Futuropolis a bien fait de lui remettre
le pied à l’étrier. Surtout si c’est pour sortir
des œuvres de cette trempe !
Car “La résistance du sanglier” est dans la lignée
de son prédécesseur. Picturalement, puisque l’on retrouve
ce trait spontané très expressif coloré de superbes lavis
de noirs et de gris. Mais aussi dans la narration, avec cette veine autobiographique
et ce ton intimiste.
Derrière ce titre mystérieux se cache cette fois le portrait
d’un grand-père méconnu et donc fantasmé par l’enfant
que l’auteur était, peut-être parce qu’on lui répétait
qu’il lui ressemblait. Levallois a donc recueilli les témoignages
des membres de sa famille et s’est plongé dans lettres et livres
d’histoire pour raconter cette fois la vraie vie de ce sanglier (l’auteur
a choisi de le représenter avec la tête de cet animal en référence
à la force et au flair de son aïeul) pendant la seconde guerre
mondiale. Car sous ses airs goguenards et tranquilles malgré la présence
des troupes allemandes, le grand-père Bernard était un résistant
qui cachait des armes dans son potager, aidait des familles juives à
se cacher ou des copains à fuir les S.T.O…
Porté par un dessin magistral qui figure à merveille sentiments
et émotions, “La résistance du sanglier” est une
évocation singulière et vraiment marquante (la scène
où le grand-père bat la campagne au petit matin avec deux autres
résistants restera gravée quelques temps dans la mémoire
des lecteurs…) de cette figure familiale doublée d’un hommage
fort au courage et à l’héroïsme des résistants
connus et moins connus de la seconde guerre mondiale. Coup de cœur de
la rentrée !
[sullivan]