Les
armes du Méta Baron
Jodorowsky/Charest-Janjetov
les humanos
La galaxie est en danger.
Par inadvertance, une porte a été ouverte permettant aux Hulzgémeaux,
des vampires mentaux très puissants, de pénétrer dans
notre univers pour altérer ses lois par la guerre. Les changeurs de
rêve (8 sages chargés de veiller sur les esprits des biosensibles
en leur envoyant des rêves imprégnés d’amour, de
paix et de bonté) ont donc besoin d’un guerrier suprême
capable de refermer cette porte et de terrasser les Hulzgémeaux. Voilà
pourquoi ils ont appelé Sans Nom, le dernier des Méta Barons,
à la rescousse. Pour mener sa mission à bien, celui-ci devra
vaincre 4 adversaires aussi puissants qu’inattendus et conquérir
autant d’armes qui feront de lui un guerrier cosmique quasi-invincible…
La dernière page de la série des “Méta Barons”
refermée, il restait visiblement un goût de frustration et d’inachevé
dans la bouche de Jodorowsky. Car si ses 8 épisodes racontent la saga
de cette caste au destin aussi tragique qu’exceptionnel, l’histoire
de Sans Nom, le dernier descendant de cette lignée, n’avait été
que partiellement abordée. D’où l’idée, séduisante
aux yeux du scénariste, de lui consacrer un nouveau récit :
“Les armes du Méta Baron”.
Jodorowsky est un excellent scénariste, à qui l’on doit
tout de même quelques séries marquantes du 9ème art comme
“L’incal”, “Bouncer” ou “Le lama blanc”.
Mais il a un défaut : il a du mal à mettre un point final
à ses sagas et il est trop souvent tenté de prolonger (parfois
ad vitam eternam…) les aventures de ses héros, prenant par la
même occasion le risque de manquer d’inspiration et de se répéter.
C’est malheureusement la sensation que l’on a à la lecture
de “Les armes du Méta Baron”, dont le scénario,
peu inspiré (scènes de combat expédiées, passages
peu crédibles…), donne une nette impression de déjà
vu, Jodorowsky ayant recours à des ficelles scénaristiques assez
usées à force d’avoir été utilisées.
Dommage donc d’avoir remis le couvert pour une aventure qui ne s’imposait
pas. Reste tout de même l’impressionnant dessin de Charest, incroyable
de virtuosité et de perfectionnisme, présent sur 30 pages du
récit (la précision de son travail exigeait tellement de temps
que le canadien a finalement été secondé par Janjetov
pour la suite…).
[sullivan]