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Fly Blues
Sampayo/Zaraté
futuropolis

Kenny Meadows, célèbre jazzman américain, a écouté le cd que Patrick Reggiani lui a envoyé et a accepté de venir enregistrer ce morceau avec lui en studio. De passage pour un concert en Espagne, il prend donc un bus pour le rejoindre à Paris. Malheureusement, en chemin, il se fait agresser sur une aire d’autoroute par une bande de petites frappes qui le tabasse et le laisse sans vie après avoir filmé son forfait. Un peu plus tard, Debra trouve le bagage de Meadows à côté de sa voiture. Elle y découvre la trompette du musicien ainsi que l’adresse de Reggiani à qui elle décide alors de ramener l’instrument.
On avait déjà découvert l’amour de Sampayo pour le jazz dans le très beau diptyque “Fats Waller” qu’Igort avait mis en images. Du reste, “Fly Blues” utilise la même technique scénaristique du récit choral. A l’instar des morceaux de jazz (un thème fil rouge auquel on revient régulièrement après des digressions), Sampayo propose d’y suivre les trajectoires de différents personnages qui ne se connaissent pas mais dont les vies vont ici se croiser, pour le meilleur ou pour le pire. Mais ce qui fonctionnait bien avec “Fats Waller” donne malheureusement un résultat bien moins convaincant ici.
Bien sûr, le message du scénariste -la beauté de l’art est menacée par la bêtise et la stupidité- est empreint d’un bel humanisme mais pour le faire passer, Sampayo n’y va pas avec le dos de la cuillère. Son scénario est bien trop démonstratif et appuyé (la bande de voyous, quand elle ne violente pas des passants, fornique et passe son temps à proférer des insultes) et, du coup, manque cruellement de crédibilité. Et quand le scénario donne des signes de faiblesse, on a tendance à être plus attentif au dessin. Et ici il n’est pas à la hauteur : certains personnages sont méconnaissables tant leur représentation change en l’espace de quelques pages et Zaraté a visiblement un problème pour dessiner bus et motos.
Tout cela fait que le récit, bien trop dans l’exagération, passe à côté de sa cible. Mais paradoxalement, “Fly Blues” est à marquer d’une pierre blanche. Car ce livre fait en effet partie des rares déceptions provenant de Futuropolis. C’est, en quelque sorte, l’exception qui confirme la règle…

[sullivan]

 

 


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