La
légende des nuées écarlates. 2. Comme feuilles au vent
Tenuta
les humanoïdes associés
Sauvé des griffes
du général Fudo par Meiki, Raido Cym se cache chez Jera Isegawa,
la mère adoptive de la jeune fille. Plus pour très longtemps
car les tortures pratiquées par l’impitoyable général
sur Yozeru Masa sont sur le point de porter leurs fruits : le vieil homme,
à bout de forces et sous l’emprise d’un pouvoir mystérieux,
sent sa langue se délier. Il va malgré lui dire à ces
brutes où se trouvent les fugitifs. Et la violence de leur passé
va bientôt rattraper Raido et Meiki.
Amour, trahison, enfants cachés, soif de pouvoir, vengeance :
tout est désormais en place dans ce tome 2 pour cette tragédie
envoûtante dont Tenuta ne dévoile les tenants et les aboutissants
que très progressivement, sous forme d’analepses aussi courtes
que marquantes. Ainsi découvre-t-on, entre autres, l’histoire
mystérieuse de Maido, pourquoi le royaume se couvre petit à
petit de glace ou pourquoi les izunas, de puissants loups blancs venimeux,
sont subitement devenus agressifs.
Ce scénario fort, qui n’a rien à envier à Shakespeare
ou Eschyle, est véritablement magnifié par l’incroyable
dessin de Tenuta. On pourrait croire l’auteur japonais tant le raffinement
et la virtuosité de son trait puisent dans les arts nippons (que ce
soit la calligraphie ou l’estampe). Pourtant il n’en est rien.
Notre homme est en effet italien et vit à Rome !
Et que dire de cet extraordinaire travail sur les couleurs (un blanc pur,
celui des neiges, troué de rouges sang et de noirs venus des ténèbres)
qui confère à cet univers un aspect irréel et surnaturel,
quasi-mythologique où les hommes semblent n’être que des
marionnettes manipulées par des forces supérieures invisibles.
Bref, “La légende des nuées écarlates” continue
d’impressionner et pourrait bien, à ce rythme, devenir un chef
d’œuvre du 9e art.
[sullivan]