Magasin
Général T.4 : Confessions.
Tripp/Loisel
casterman
Ses connaissances médicales
ont permis à Serge de sauver le ti-cul (entendez le bébé)
des Côtés. Et du coup ce sont tous les hommes (qui n’arrivaient
pas à accepter sa présence à Notre Dame des lacs) que
ça a calmé. On pouvait donc célébrer le baptême
du petit dans la sérénité et la joie retrouvées.
Pas pour très longtemps néanmoins. Car un autre orage se prépare.
Et il s’annonce encore plus violent et intense. En effet, Marie, incapable
de côtoyer Serge tous les jours en sachant qu’il ne peut l’aimer,
va se confesser auprès de l’abbé et lui parle de l’homosexualité
du nouveau venu…
Le “Magasin Général” devait au départ n’être
qu’une trilogie. C’est en tout cas ce que Tripp et Loisel avaient
prévu. Et puis nos auteurs se sont attachés à la douce
Marie, au généreux Serge et même à ces hommes bourrus
et parfois violents qui reviennent jaloux de leur hiver passé dans
les bois. Ils ont donc senti que le portrait de cette petite communauté
québécoise nécessitait (et méritait !) plus
d’espace. Du coup, nous voici déjà rendus (voilà
que les expressions canadiennes contaminent cette critique…) au quatrième
tome avec ce “Confessions” et la trilogie devrait finalement compter
6 épisodes.
Et on ne s’en plaindra pas tant cette série nous régale !
Sa grande particularité (on a déjà eu l’occasion
de le souligner) est d’être le fruit d’un travail à
quatre mains. On utilise souvent cette expression mais rarement elle aura
aussi bien correspondu à une série. Car si Loisel et Tripp travaillent
tous deux au scénario, chacun prend également en charge, et
c’est beaucoup moins habituel, une étape du dessin (Loisel met
en scène puis Tripp précise le trait et installe les ambiances).
La série bénéficie donc de l’expérience
de nos deux hommes. Ce qui explique cette maîtrise impressionnante de
la narration, ce découpage particulier, lent, au plus près des
personnages (vraiment attachants) et de leur rythme de vie, calqué
sur celui de la nature, et cette justesse dans le ton et la façon d’aborder
les différents thèmes du “Magasin Général”,
que ce soit l’amour, la jalousie, le deuil ou l’homosexualité.
Avec le charme de la parlure québécoise (qui apporte de la crédibilité
à l’ensemble) en prime, cette série à l’ancienne
n’en finit plus de séduire en tabarouette !
[sullivan]