Je
tue des géants T.1
Kelly/Niimura
quadrants
Barbara vit dans une
grande maison avec sa grande sœur Karen et son frère Dave. C’est
une écolière américaine presque comme les autres. En
effet, alors que les filles de son âge s’intéressent à
la mode des débardeurs courts et aux chanteurs de variété
qui passent à la télé, elle passe son temps à
lire des livres d’heroic fantasy. Car elle a une obsession : tuer
les géants ! Fan invétérée de jeux de rôles
(“Donjons et Dragons” en tête), elle est convaincue que
ces monstres vont revenir sur Terre pour anéantir le Bien. Alors elle
veille et guette les augures, bons ou mauvais, et les signes dans le ciel.
Et se tient prête, entourée de ses petits elfes et armée
de Coveleski, son marteau légendaire magique…
Joe Kelly est un scénariste qui œuvre chez DC Comics ou Marvel
dans le comics de super héros depuis 1993. Après avoir travaillé
sur des séries comme “Xmen”, “Superman” ou
“Daredevil”, on pourrait croire qu’il a eu envie de s’offrir
une récréation, de faire un break avec “Je tue des géants”.
Pourtant, à y regarder de plus prés, il semble bien qu’il
ait ici créé un nouveau super héros, plus atypique, surprenant
et fragile mais un super héros tout de même, du quotidien celui-là,
en la personne de Barbara. Ces géants ennemis qu’il faut tuer ?
Symboliquement, les angoisses et autres peurs de l’enfance qu’il
faut surmonter. Les brimades des brutes épaisses de l’école
qu’il faut encaisser. Sa différence qu’il faut assumer.
Et d’autres choses que l’on subodore (les parents sont absents
du foyer…) et que l’on découvrira dans le second et dernier
tome.
Mis en images par le trait vif, proche du manga, de Niimura, “Je tue
des géants” évoque avec fantaisie (grâce à
une jolie trouvaille graphique, le lecteur peut voir la vie que s’invente
Barbara au côté de la vie réelle) les angoisses et épreuves
liées à l’enfance.
[sullivan]