Ceci
est mon corps 2. Surexposition
Goethals/Marie
grand angle
Les récits de
science-fiction ne sont bien souvent que le miroir grossissant des sociétés
qui les engendrent. Et dans “Ceci est mon corps”, Damien Marie
ne fait finalement qu’extrapoler un tant soit peu en imaginant ce à
quoi les dérives actuelles pourraient aboutir : une prise de pouvoir
par un grand groupe économique, le Need Consortium, dont les intérêts
sont liés à une dictature militaire ultraviolente qui lui assure
sa protection ; une société complètement séparée
en 2 : avec les riches qui vivent reclus dans une zone ultra-défensive
et les autres, qui n’ont pas accès à l’eau potable
et à la viande à cause de la pollution. Des thèmes assez
récurrents dans le genre, c’est vrai, mais il faut avouer que
l’évolution de notre monde, que ce soit au niveau économique,
politique ou écologique, n’aide pas à imaginer un futur
plus optimiste.
Le scénariste y ajoute 2-3 bonnes idées qui titillent l’intérêt
du lecteur. A commencer par ces corps que les plus pauvres sont obligés
de louer, pour quelques heures, à des riches en mal de sensations.
Grâce à une injection de Prog, la conscience de ceux-ci migre
pour prendre le contrôle total d’un hôte pour un délai
limité.
Voilà pourquoi on retrouve Lucas dans le corps de Nolan Withaker au
début de ce tome 2. Sujet à de terribles douleurs après
un violent accident, il a décidé de quitter ce corps souffrant
pour s’offrir un répit de quelques heures. Bien lui en a pris
puisqu’alors que sa conscience commençait son voyage, ses cervicales
se faisaient exploser par l’arme d’un homme venu le trouver à
l’hôpital. Voilà sa vie en sursis. Pour 4 heures. Mais
alors qu’il commence à peine à comprendre que ce qui vient
de se passer a certainement un rapport avec les gélules qu’il
a volées à son père (un chimiste doué qui travaille
pour le Need), il a déjà le tueur de l’hôpital à
ses trousses…
De l’action de bout en bout pour cette course poursuite sans répit :
voilà l’atout majeur de ce diptyque pas vraiment mémorable
mais divertissant qui aurait gagné à être mis en images
avec plus de personnalité.
[sullivan]