Le
landais volant 1. Conversations
avec un margouillat
Dumontheuil
futuropolis
Dés le titre et
son calembour douteux, on sait à quoi s’attendre. Et la suite
nous donne raison : Nicolas Dumontheuil, ragaillardi par “Big Foot”,
son adaptation très réussie du “Monstre des Hawkline”
de Brautigan, a décidé de rester sur la même dynamique
pour prolonger le plaisir qu’il a pris en réalisant ce triptyque.
On retrouve donc ici beaucoup des mêmes ingrédients. Le goût
très prononcé pour l’absurde et le loufoque qui vire souvent
au burlesque. La voix off, omniprésente, souvent en complet décalage
avec l’action puisque l’auteur a souvent recours à l’ironie
dramatique pour se moquer de son personnage principal. Sans oublier ce trait
au pinceau volontiers caricatural (ce n’est plus un nez que le protagoniste
a au milieu de la figure, c’est une courge…).
Et pourtant ça fonctionne moins bien. Attention, ne me faîtes
pas dire ce que je n’ai pas dit, ce premier tome se lit avec plaisir
mais c’est juste qu’il est un cran en dessous de son prédécesseur.
L’idée de départ -confronter un gascon pur sucre, baron
fier de ses principes et de sa capacité à s’adapter et
à accepter la différence à la réalité en
le faisant voyager dans les villages les plus reculés du Bénin,
du Mali ou du Burkina Faso- était plutôt prometteuse. Pourtant
la mayonnaise ne prend pas aussi bien qu’à l’accoutumée.
Certainement parce que le portrait de Jean-Dextre Pandar de Cadillac (ah ce
nom…) est tout de même un peu trop forcé et que l’omniprésence
de la voix off finit par lasser. Et certainement aussi parce que l’effet
de surprise ne joue plus car on commence à bien connaître Dumontheuil…Du
coup, si certaines scènes, souvent basées sur des quiproquos,
sont hilarantes au possible (je pense notamment au polio vendeur de bagues…),
d’autres sont bien moins inspirées (quand Jean-Dextre s’humilie
en vomissant d’avoir trop bu) ou ont un goût de déjà
vu (le thème du vaudou et du sexe volé étaient déjà
au menu de “Big Foot”).
Ce “La ndais volant” reste malgré tout fort recommandable
d’autant que, mine de rien, il brosse un portrait assez peu conformiste
et quelque part assez juste des pays africains visités par Jean-Dextre.
[sullivan]