Piscine
Molitor
Cailleaux/Bourhis
aire libre
Boris Vian est mort il
y a 50 ans. Livres, films, disques, et j’en passe…beaucoup d’œuvres
sont sorties pour l’occasion, pas forcément toujours inspirées
ou fidèles à l’esprit du personnage. Si l’on ne
devait en garder qu’une, cela pourrait être “Piscine Molitor”
tant la biographie que propose ici Bourhis et Cailleaux brille par la justesse
de son tempo.
Poète de l’absurde, musicien (il était trompettiste dans
une formation jazz), romancier reconnu (pour “L’écume des
jours” notamment), père peu assidu, chansonnier (il a par exemple
écrit avec Henri Salvador), séducteur impénitent, écrivain
à scandale (comme avec le très provocateur “J’irai
cracher sur vos tombes”) : se sachant cardiaque et donc en perpétuel
sursis, Vian a touché à peu près à tout, histoire
de ne pas gâcher une minute de sa vie, qu’il a donc brûlée
par les deux bouts.
Le récit est construit, comme un morceau de jazz, autour d’un
motif -la piscine Molitor où Vian allait sur la fin de sa vie pour
faire de l’apnée afin de renforcer son cœur ( !)- auquel
on revient régulièrement après des digressions illustrant
les différentes facettes de sa personnalité. Le dessin de Cailleaux,
aussi élégant qu’à l’accoutumée mais
ici plus fragile, se charge de faire ressentir la menace qui planait sur Vian
tout au long de cette évocation habile et inspirée, idéale
pour découvrir ce personnage pluriel et atypique.
[sullivan]